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    Le politico-religieux au fondement des sociétés (Annemasse, janvier 2012)

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    Rene
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    Le politico-religieux au fondement des sociétés (Annemasse, janvier 2012)

    Message  Rene le Mar 24 Jan - 13:59

    Bonjour,

    Dans sa conférence, Le politico-religieux au fondement des sociétés, Maurice Godelier met en évidence les avatars du pouvoir et les logiques qui organisent les premières sociétés tribales – des tribus assez grandes (+ de 200 personnes), elles-mêmes composées de plusieurs clans dont chacun se voit assigné des rôles, des positions de prestiges ou d’asservissement.

    Une tribu initiale s’emparent du pouvoir et augmente ses effectifs après quelques massacres. Lors de renversements, de coups "d'Etat", la tribu dominante impose ses dieux, ses rites (ce qui constitue le religieux), et dans la même ligne, ces nouveaux vainqueurs instituent une reproduction des pouvoirs par filiation, systèmes de castes et rituels de transmission (le politique). Le comparatif est aisé avec les sociétés modernes, regardons la reproduction des classes sociales et les rivalités de pouvoirs.

    Poussons la comparaison avec les religions monothéistes, elles peuvent être vues comme les 3 clans d’une même tribu avec leur père premier (Abraham). Les prophètes sont des nouveaux chefs d’affiliation qui tentent leurs coups d’Etat. De ce point de vue, Jésus rejette les scribes, il devient le fils du père, c'est-à-dire le « nouveau » descendant direct de Dieu, d’autres cultes, rites et prières sont alors institués, ceux qui les reconnaissent sont désormais des Chrétiens. 6 siècles plus tard, Mahomet, destitue Jésus pour s’annoncer comme celui qui reçoit la parole de Dieu, c’est le clan des musulmans. Ces 3 clans monothéistes sont à leur tour composés de clans mineurs (les soufis, les protestants, les orthodoxes, etc), ils s’émancipent des branches principales, sans toutefois vouloir remonter jusqu'aux racines. Dans le monde d'aujourd'hui, on peut estimer qu'il y a de la place pour toutes les pratiques - Mais on peut également se demander si une religion peut évoluer sans questionner les textes fondateurs- dont tous les pratiquants s'obstinent à penser, qu'ils sont paroles sacrées ? Les chefs religieux ont, bien entendu, des raisons impératives de ne pas remettre en question les textes qui les fondent en autorité.

    On peut ainsi transposer une logique anthropologique concernant les « mythes » (religieux ou laïcs) qui organisent les rapports de « pouvoir » (le politique) des groupes. Une autre question peut-être posée selon cette anthropologie, les démocraties auraient-elles autant de mal à évoluer que les religions ou les dictatures qu'elles disent combattre ? Serait-ce en raison de la pulsion archaïque de la prise du pouvoir que se jalouse la caste des gouvernants ?


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    René Guichardan,
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