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    Sujet du 13/09, présentation du sujet : Rôle et limite de l’éducation aujourd’hui

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    ANIMATEURS DE CAFES PHILO
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    Sujet du 13/09, présentation du sujet : Rôle et limite de l’éducation aujourd’hui

    Message  Animateurs le Lun 5 Sep - 10:15

    ROLE ET LIMITE DE L’EDUCATION AUJOURD’HUI

    Trois modèles éducatifs s’enchevêtrent aujourd’hui : l’héritage, la contestation, l’individu souverain. Souvent, nous bricolons, là où il faudrait inventer, en réciprocité avec les jeunes.

    Le débat sur l’éducation est plus que jamais ouvert. Les manifestations des personnels de l’Éducation nationale se succèdent et défendent le statut de l’école et l’identité d’une profession. Le ministre de l’Éducation s’emploie à hausser la question au niveau des « valeurs » éducatives et citoyennes que l’école doit transmettre. Les commentateurs soulignent que les enjeux de l’éducation, en bien des domaines (famille, associations, école…), sont urgents à clarifier en ce temps de crise de la transmission, de « brouillage » du rapport entre les générations et de fracture du lien social. Le débat n’a jamais cessé d’être ouvert en Occident. La question est permanente de savoir quelle jeunesse on veut former pour quel projet de société. De Platon à Luc Ferry, des stoïciens à Hannah Arendt , en passant par bien d’autres, ces enjeux demeurent. Nous les entendons dans le vacarme actuel : la jeunesse est le miroir d’une société, ses fractures sont l’indice d’un malaise de la civilisation ; l’école ne peut se contenter d’instruire, mais doit aussi éduquer à l’autonomie individuelle et au vivre ensemble. Pour certains, son rôle est même d’aller jusqu’à élever l’individu en lui procurant du sens, en prenant en compte ses « besoins spirituels ».

    Un débat au-delà de l’école

    Peut-on tout demander à l’école ? Elle doit assurer l’instruction, l’éducation, voire « l’élévation » des jeunes. Et ce, au nom de l’égalité républicaine (le droit pour tous d’accéder au savoir), de la citoyenneté (le droit et le devoir pour tous de s’intégrer à une société régie par des lois mais qui requiert aussi des projets et des initiatives) et de la laïcité (le droit pour tous d’inscrire un sens, y compris religieux, dans son existence et le devoir pour chacun de respecter les convictions d’autrui). Mais, elle ne peut ni ne doit « réparer » tous les manques sociaux.

    Le malaise actuel du système scolaire tient à cette ambiguïté : l’école est le « miroir » des embarras d’une société, elle en est aussi le « carrefour » en accueillant - c’est sa mission républicaine, des jeunes qui, dans leurs itinéraires individuels et sociaux, peinent à se repérer et expriment comme ils peuvent leurs interrogations dans une institution qui n’est pas préparée à répondre à ces demandes affectives, intégratrices, psycho-sociales… Mais elle ne peut être seule à s’interroger sur les choix éducatifs d’une société. Ces derniers affleurent dans les revendications actuelles : les dossiers des retraites et de la décentralisation touchent à la solidarité entre les générations et à la cohésion des équipes éducatives, au-delà des seuls intérêts « corporatistes » ou de la fiction des débats idéologiques (l’élève ou le « savoir » au cœur de l’institution scolaire…). C’est aussi l’objet de la demande de parents confrontés aux nouveaux territoires de l’autorité, à la recherche d’outils, mais surtout d’une compréhension de la tâche éducative au temps des médias, des désordres géopolitiques mondiaux, des nouvelles formes d’association affectives. C’est l’interrogation des associations qui, dans les quartiers difficiles notamment, tentent de répondre à la demande multiforme des jeunes. Le désir est réel d’un vrai débat sur l’éducation. Le politique doit le reconnaître. Le pragmatisme qui tente maladroitement de « recoller les morceaux » de l’école, de la famille ou des zones de non-droit en s’appuyant alternativement sur l’écoute, sur la restauration de l’autorité, ou sur l’incantation aux valeurs républicaines, ne saurait en tenir lieu.

    Extrait du projet n°276 du CERAS (Recherche et Action Sociale) de novembre 2003
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    Rene
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    Re: Sujet du 13/09, présentation du sujet : Rôle et limite de l’éducation aujourd’hui

    Message  Rene le Dim 11 Sep - 2:17

    Bonjour,

    Le portrait général est assez bien dessiné. La question est celle du rôle et des limites de l'éducation, entendu comme institution sociale et politique, n'est-ce pas ?
    (Et non comme du rapport pédagogique entre l'enseignant et l'apprenant.)

    Dans un autre forum, je postais cette video de Ken Robinson :"du paradigme de l'éducation", durée 11mn.. Elle est intéressante en ce qu'elle pose un problème de départ :
    1) adapter l'éducation à l'économie
    2) transmettre une culture (des valeurs, des pratiques et des manières de faire).
    3) Elle montre aussi comment le "système" tend à inhiber la créativité.

    On peut reformuler les contraintes mais grosso modo,
    1) Il faudra bien que "nos" enfants sachent vivre dans une économie donnée et donc qu'ils aient des "savoirs" et "compétences" adaptables, évolutifs, performants pour participer, contribuer, inventer ou faire évoluer à leur tour la société dans laquelle ils vivront.
    2) Qu'ils aient des "valeurs" et le défi aujourd'hui est majeur, car les religions ont fait faillite, les valeurs politiques ou républicaines sont en régression (les coups bas et les débats stériles de nos élus font modèles de société), l'hyper compétitivité est reine (même à l'école) et il y a une absence de cadres qui serait susceptible de nous aider à penser les principes d'une éthique à venir.
    3) Enfin, la créativité sera toujours nécessaire.

    De poser la question "QUI" est responsable conduit souvent à une impasse et à la logique du bouc émissaire. Mais l'article précise bien que l'école est un carrefour et un miroir de la société. Si aucune autre question ou constat se fait plus précis, j'en resterai là avec ma réponse générale.

    Merci d'avoir posté ce sujet, n'hésitez pas, en règle générale, à faire ressortir une question. Les faits posés en eux-mêmes n'appellent pas nécessairement de réponse. Merci.

    Oupps, je n'avais pas vu que c'était l'annonce d'un sujet... et donc, certainement le préalable aux questions qui ouvriront votre débat...


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    René Guichardan,
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